- Source
- Unknown
- Thèmes · Themes
- Franc-maçonnerie · Freemasonry, Centre · Center, Pentagramme · Pentagram
Commentaire
LA LETTRE « G » DU PENTAGRAMME
par André Decamp
Le Pentagramme est une étoile à cinq branches régulières, construite dans la figure géométrique d’un pentagone. Il est le symbole universel de la perfection ; Pythagore et ses pythagoriciens imposèrent cette étoile idéale à la méditation des Hommes. Construit uniquement à l’aide de la règle et du compas, le Pentagramme renferme en sa structure la proportion divine dite du « Nombre d’Or ». Le canon de Vérité que cette étoile inspire, (tant sur le plan architectural que sur le plan spirituel), fait de celle-ci un héritage légué aux Compagnons bâtisseurs du Moyen-Âge, ces frères des « Anciens Devoirs ». Ces derniers reconnaissaient par ce Pentagramme le symbole du Travail Parfait : la raison d’être du Compagnon.
Une lettre, un « G » majuscule s’inscrit au centre, au cœur de cette Etoile Flamboyante. Nous connaissons le célèbre dessin de Léonard de Vinci : la construction de l’homme dans l’étoile à cinq branches. Remarquons que le nombril est au centre de l’étoile, là où s’inscrit également la lettre « G ». Nous pouvons remarquer que le symbole du nombril indique bien la finition, la « terminaison » de la naissance chez l’Homme, dans la création.
La lettre « G » appartient aux alphabets de langues modernes. Primitivement, elle avait la même valeur que la lettre « C » ; en latin on rencontrait pareillement les noms « Caïus » ou « Gaïus », « Cnœus » ou « Gnœus » etc… Lorsque le « C » est devenu homophone du « K » le besoin se fit sentir de restructurer le son par une nouvelle lettre. C’est dans la moitié du cinquième siècle, à Rome, que le « G » fut créé ; une simple modification du « C » initial.
La lettre « G » est également l’initiale du mot anglais : « God » (qui veut dire : Dieu). On constate alors que ce « G » n’est jamais que la transformation du signe « Iod » hébraïque (que nous écrivons pour la phonétique, dans notre alphabétisation latine, avec un « i » ou un « y » pour la première lettre) ; évolution d’un certain langage depuis l’hébreu d’autrefois. Ainsi, « God » est à égal de « Iod ». Dans l’ancienne culture hébraïque, il est dit que la « Lumière Divine » jaillit du mystère de l’Ether et que le point caché fut manifesté par la lettre « Iod ». Cette lettre représente le « Principe » et que de cette lettre se sont formées toutes les autre lettres de l’alphabet hébraïque. « Iod » est donc ce qui est premier et unitaire. Remarquons aussi que, dans la « Divine Comédie », Dante fait-il dire à Adam, que le premier nom de Dieu fut « i ».
On peut également remarquer la similitude existante entre « i » et « j » : par exemple : Jakin et Yakin (avec un « i » grec) ; puis la lettre « j » et la lettre « g » ; exemple : en espagnol, le prénom « Jorge » – Georges en français – avec sa première lettre nommée « jota » (« j » en français. Ou bien encore : de Jérome à Gérome –, donc ici et là, utilisation d’un « J » contre un « G ». Il paraît vraisemblable que ces lettres soient de même origine verbale, orale, de même nature initiatique : confirmant ainsi le symbole de la lettre « i » ou du « Iod » représentant le « Premier » : celui que nous nommons : le Grand Architecte de l’Univers.
On s’étonne aussi devant les airs de famille des mots anglais : God (Dieu) avec Gold (Or) ; voyons ici comme une allusion au nombre d’Or résidant dans la structure du pentagramme. Mais voyons également avec « Good », ce qui est Bon – allusion à la Bonté divine. La lettre « G » désigne également le mot « Gloire » chez les Compagnons bâtisseurs ; le « G » représente le siège central caché de l’Univers, ce qui rappelle de très près le « Tai-i » de la tradition extrême-orientale. Remarquons encore que le mot « Gloire » évoque la similitude existante entre le Pentagramme frappé du « G » et la Mandorle dans laquelle figure le Christ en Gloire – cette figure géométrique en forme d’amande que l’on nomme également « Barque de Lumière du Sauveur » ; elle est représentée aux tympans des cathédrales. Voyons bien là l’évidente correspondance des deux figures géométriques construites à l’aide du compas, dans lesquelles figure respectivement un identique symbole de la splendeur divine : le Christ ou la lettre « G » ; leurs symboles respectifs sont de même valeurs, d’identiques expressions. On peut voir parfois aussi la lettre « G » au centre de l’assemblage équerre-compas ; ici encore, les valeurs symboliques restent identiques.
En musique, on peut encore s’étonner que le « G » symbolise aussi le chiffrage de la note : Sol, cinquième de la gamme. La Quinte, encore une fois le chiffre « 5 », celui du Compagnon. Pour l’anecdote, Mozart avait composé une musique pour l’élévation des frères au grade de Compagnon ; à la présentation au candidat de la lettre « G » dans le Pentagramme, cette musique tenait alors un point d’orgue sur la note sol.
Mais on peut être encore davantage surpris de découvrir que le mot anglais « God » soit composé des 3 initiales des 3 mots hébraïques : Gamel, Oz, Dabar qui veulent dire : Beauté, Force, Sagesse : (les trois piliers de la Franc-Maçonnerie !)… Serait-ce là encore une pure coïncidence ?
Si « G » est aussi l’initiale du mot Géométrie, il est également l’équivalence de la lettre grecque : Gamma « G ». Remarquons que cette lettre rappelle aussi l’équerre (3-4-5). La lettre « G » possède aussi dit-on, une valeur symbolique solaire, substitut de la Grande Ourse, elle devient le centre directeur, illuminateur. Dans les rituels des Compagnons Bâtisseurs, on retrouve parfois la lettre « G » figurée au centre de la voûte étoilée au point de correspondance à l’Etoile Polaire ; un fil à plomb suspendu à celle-ci tombe jusqu’au centre d’un Swastika dessiné sur le sol. Nous devons sûrement voir en cela, la représentation de l’« Axe du Monde », de la recherche de l’Unité Ciel-Terre. L’initiale « G » est donc également le symbole de la gravitation universelle.
Le « G » est aussi le « Ghimel » hébraïque, lettre « double » qui peut exprimer deux sons : l’un fort, l’autre doux. Remarquons l’allusion à la force divine (le Feu de Dieu) et à sa douceur (l’Agneau si doux), ici encore, ce qui est en haut rejoint ce qui est en bas, comme il dit dans la « Table d’Emeraude » attribuée à Hermès Trismégiste.
Le chiffre « 5 » des branches du pentagramme justifie pleinement la lettre « G » représentée en son centre par les 5 attributs : Géométrie – Génération – Gravitation – Génie – Gnose. N’oublions non plus celui de « Guilde », association de secours entre corporations d’artisans du Moyen-âge. « Générosité » commence aussi par la lettre « G », ce que le Franc-Maçon reconnaît là comme une qualité qu’il affectionne tout particulièrement.
Le « G » est aussi tout ce que l’on ne peut définir : l’Insondable Absolu : c’est le reflet du Verbe, du Logos. La mystérieuse lettre « G » est aussi l’égal de l’œil que nous connaissons bien et qui illumine l’Orient de toutes les Loges Maçonniques : celui du Tétragramme.
On pourrait aussi remarquer que cette lettre « G », ainsi qu’un cercle ouvert avec sa boucle, cet empattement formant comme une équerre, nous invite à considérer que ce caractère va prendre un mouvement de rotation pareillement à un swastika, symbole de l’année solaire.
Nous pouvons aussi reconnaître la lettre « G » comme initiale du mot « Guide », qui dans son étoile à cinq branches dirige tous les marins sur les mers depuis si longtemps. Pour le voyageur, cette étoile indique le pôle céleste au nord de la planète, c’est l’ « Etoile Polaire », l’astre qui se tient au bout du timon du Grand Chariot. Cette « Etoile Polaire » qui nous guide, plantée plus ou moins au pôle céleste, et nous fait pivoter autour d’elle, ce qui veut dire que l’angle sous lequel nous l’observons ne bouge pratiquement jamais…
Pour ma part, la lettre « G » m’inspire particulièrement le verbe « Gravir » qui signifie « monter avec effort », se hisser avec peine pour arriver à s’élever ; c’est bien là le but primordial de la condition d’être Compagnon, celui qui tente l’élévation de sa construction avec l’effort et la fatigue qui en découle. Mais surtout, et de toute évidence, le but de s’élever soi-même. De s’élever surtout dans le sens de « Croissance », car « la Croissance est supérieure à la Construction », comme le proclame la sagesse des anciens Compagnons Bâtisseurs : c’est bien là le symbole de notre Épi de blé au bord d’un cours d’eau. On retrouve également en le verbe « Gravir » le symbole de l’escalier, et aussi celui de l’échelle. « Gravir » les échelons de la hiérarchie vers la Connaissance, le but suprême de l’engagement maçonnique.
Finalement, la lettre « G » m’inspire surtout le symbole du « Graal » et de sa Quête éternelle. Ce calice, ce vase, ce réceptacle, cet œuf « originel »… enfin cette étoile parfaite, divine, celle que l’on poursuit inlassablement sans jamais pouvoir l’atteindre, la rejoindre. Cependant, tous les « Perceval » que nous sommes, marchons guidés par la lettre « G » dans son Pentagramme resplendissant, merveilleuse étoile conçue dans les proportions idéales ; ce canon de perfection auquel nous aspirons tous. L’« Inaccessible étoile », nous dit le poète, l’inaccessible « Graal ». Alors, puisque nous ne pouvons l’atteindre, notre démarche serait-elle donc vaine ? Non pas, car ce qui importe pour le Compagnon Franc-Maçon, c’est la démarche du Travail à accomplir, c’est la passion et le bonheur du Chemin.
André DECAMP
